Comment les actions collectives fonctionnent réellement au Canada
Ce qu'est une action collective
Une action collective est une poursuite intentée par une ou quelques personnes au nom d'un groupe beaucoup plus large, qu'on appelle le groupe. Tous les membres du groupe ont subi un préjudice causé par la même entreprise, essentiellement de la même manière. Au lieu de milliers de poursuites identiques, le tribunal traite une seule cause pour tout le monde à la fois.
Au Canada, les actions collectives sont habituellement déposées devant la cour supérieure d'une province. Le Québec, l'Ontario, la Colombie-Britannique et les autres provinces ont chacun leur propre loi sur les recours collectifs, mais le processus est semblable d'un bout à l'autre du pays. Certaines causes sont aussi déposées en Cour fédérale lorsque le litige a une portée nationale.
Exemples types : une banque facture des frais non divulgués à des millions de clients, un fabricant vend un produit défectueux, un employeur sous-paie un groupe de travailleurs, ou plusieurs entreprises coordonnent leurs prix en coulisses. Une seule personne ne pourrait pas réalistement poursuivre Loblaws ou Rogers à elle seule. Un groupe, oui.
Étape 1. La cause est déposée
Tout commence par un représentant des demandeurs : une personne qui s'avance pour mettre son nom sur la poursuite au nom de tous les autres. Elle travaille avec un cabinet spécialisé en actions collectives, qui prend habituellement le dossier sur la base d'honoraires conditionnels. Cela signifie que les avocats ne sont payés que si la cause est gagnée ou réglée. Aucuns frais ne sortent de la poche du représentant des demandeurs ni des membres du groupe.
Les avocats déposent une déclaration qui explique qui a été lésé, ce que l'entreprise a fait et ce que le groupe demande. À cette étape, les autres membres du groupe n'ont rien à faire. Vous n'avez pas à vous inscrire. Vous n'avez même pas besoin de savoir que la cause existe. Si vous correspondez à la description du groupe, la poursuite vous couvre automatiquement.
Étape 2. La certification
Avant que la cause puisse aller de l'avant comme action collective, un juge doit la certifier (au Québec, on parle plutôt d'« autorisation »). C'est une étape de filtrage. Le juge examine la cause proposée et se demande : est-il vraiment approprié de la traiter comme une seule grande poursuite, ou s'agit-il en réalité d'une série de poursuites individuelles?
Pour certifier une action collective, le tribunal doit habituellement constater :
- Un groupe de personnes clairement défini
- Des questions communes touchant tous les membres du groupe
- Un représentant des demandeurs apte à représenter équitablement le groupe
- Un plan réalisable pour faire avancer la cause
- Que l'action collective est le moyen préférable de régler le litige
La certification peut être contestée et c'est souvent l'étape la plus âprement disputée de la cause. Si un juge refuse de certifier, la cause s'arrête généralement là. Si le juge certifie, la poursuite se poursuit officiellement comme action collective et un avis est transmis aux membres du groupe.
Étape 3. L'avis et l'exclusion
Une fois le groupe certifié, le tribunal ordonne qu'un avis soit transmis à ses membres. Cela peut prendre la forme d'annonces dans les journaux, de courriels, de campagnes sur les réseaux sociaux, de sites Web dédiés ou de lettres postales. L'avis explique la cause en langage clair et vous indique que vous faites partie du groupe.
C'est aussi le moment où la plupart des membres du groupe peuvent s'exclure. Si vous ne faites rien, vous restez membre du groupe et tout jugement ou règlement éventuel vous couvrira. Si vous vous excluez avant la date limite indiquée dans l'avis, vous n'êtes plus partie à la cause et vous conservez le droit de poursuivre par vous-même.
Pour la plupart des actions collectives en matière de consommation, les exclusions sont rares. Le principe même est que la cause est trop modeste pour qu'une seule personne puisse l'intenter seule, alors faire partie du groupe est la seule façon réaliste de récupérer quoi que ce soit.
Étape 4. Communication de la preuve et instance
Après la certification, la cause entre dans une longue phase intermédiaire. Les deux parties échangent des documents, interrogent des témoins et présentent des requêtes. Des experts sont retenus pour évaluer les dommages. Le défendeur peut tenter de faire rejeter la cause. Le demandeur peut présenter une requête en jugement sommaire.
Cette phase peut prendre des années. Il n'est pas inhabituel qu'une action collective canadienne s'étire sur trois à sept ans entre la certification et le règlement. La majeure partie est invisible pour les membres du groupe, ce qui n'a pas d'importance, puisqu'ils n'ont rien à faire pendant cette période.
Étape 5. Le règlement, ou le procès
La grande majorité des actions collectives certifiées se règlent plutôt que de se rendre à procès. Un règlement est une entente entre le demandeur et le défendeur : le défendeur verse une somme d'argent, ou consent à d'autres mesures de réparation, en échange du règlement de la poursuite. Régler permet aux deux parties d'éviter les coûts, les délais et les risques d'un procès complet.
Un petit nombre d'actions collectives se rendent jusqu'au procès. Si le groupe l'emporte au procès, le tribunal ordonne au défendeur de payer des dommages-intérêts. S'il perd, la cause se termine et le groupe ne récupère généralement rien. Dans un cas comme dans l'autre, la suite est semblable : le tribunal doit décider comment l'argent sera distribué.
Étape 6. L'approbation du règlement
C'est l'étape du processus qui surprend beaucoup de gens. Un règlement d'action collective n'est pas final simplement parce que les avocats et l'entreprise se sont serré la main. Le tribunal doit approuver le règlement avant qu'aucune somme ne soit versée.
Le juge tient une audience d'approbation. Pour approuver l'entente, il doit être convaincu que le règlement est juste, raisonnable et dans le meilleur intérêt du groupe. Le tribunal examine :
- L'ampleur du règlement par rapport aux meilleures et pires issues réalistes d'un procès
- La force de la preuve et les risques juridiques de chaque côté
- Le traitement réservé aux membres du groupe, en particulier l'équité du plan de distribution
- Les honoraires que les avocats du groupe demandent au tribunal d'approuver
- La manière dont le groupe a été avisé et la possibilité pour ses membres de s'opposer
Les membres du groupe peuvent écrire au tribunal pour s'opposer à un règlement qu'ils estiment inéquitable. Le juge lit les oppositions avant de trancher. S'il n'est pas satisfait, il peut refuser d'approuver le règlement et renvoyer les parties à la table de négociation. S'il l'approuve, le règlement lie l'ensemble du groupe.
Pourquoi cela compte pour vous : l'ordonnance d'approbation du règlement est le document qui crée la cagnotte d'où vous pourrez réclamer votre part. Elle fixe aussi les règles : qui est admissible, quelle preuve est requise, la date limite pour soumettre une réclamation et la façon dont l'argent est partagé. Chaque page de règlement dans le suivi des actions collectives de Claim.ca est construite à partir de cet ordre.
Étape 7. L'administrateur prend le relais
Une fois un règlement approuvé, le tribunal nomme un administrateur du règlement. L'administrateur est habituellement une firme spécialisée dans le traitement des réclamations. Il est indépendant tant du demandeur que du défendeur et il rend des comptes au tribunal.
Le rôle de l'administrateur est d'assurer la gestion opérationnelle du règlement. Cela comprend :
- Mettre en place un site Web présentant l'avis officiel et le formulaire de réclamation
- Transmettre l'avis aux membres du groupe identifiables, dans la mesure du possible
- Recevoir, consigner et examiner chaque réclamation
- Vérifier l'admissibilité à partir des registres requis par le règlement
- Calculer la part de chaque réclamant approuvé selon le plan de distribution
- Effectuer les paiements et tenir des registres comptables vérifiables par le tribunal
Si vous avez déjà rempli un formulaire de réclamation d'action collective en ligne, le site que vous avez utilisé était presque toujours géré par l'administrateur, et non par le cabinet d'avocats ni par l'entreprise poursuivie.
Étape 8. Vous présentez votre réclamation
C'est la seule étape où le groupe a quelque chose à faire, et c'est aussi celle que la plupart des gens sautent. Pour obtenir votre part, vous devez soumettre une réclamation à l'administrateur avant la date limite.
La forme d'une réclamation dépend du règlement :
- Réclamations simples. Pour certains règlements, l'administrateur dispose déjà d'une liste des membres du groupe à partir des registres du défendeur. Vous n'avez peut-être qu'à confirmer vos coordonnées et à attester que vous correspondez à la définition du groupe.
- Réclamations avec pièces justificatives. D'autres règlements exigent une preuve : un reçu, un numéro de compte, une confirmation d'opération, une copie de facture, des dates d'emploi ou tout autre élément pertinent à ce que vous réclamez.
- Réclamations à paliers. Certains règlements versent un petit montant fixe sans documentation et un montant plus élevé si vous pouvez prouver une perte précise. Vous pouvez généralement choisir le palier qui correspond à ce que vous avez réellement.
La date limite est ferme. Les réclamations tardives sont habituellement rejetées. Si un règlement semble pouvoir s'appliquer à vous, soumettez votre réclamation tôt plutôt que tard.
Étape 9. La distribution
Après la date limite, l'administrateur examine chaque réclamation, approuve celles qui sont admissibles, calcule chaque part et envoie le paiement. Selon le règlement, le paiement peut prendre la forme d'un chèque, d'un virement Interac, d'un dépôt direct ou d'un crédit appliqué à un compte.
Les délais varient. Certains règlements paient dans les quelques mois suivant la date limite. D'autres prennent un an ou plus, surtout lorsque le volume total des réclamations doit être compilé avant que le montant par réclamant soit arrêté. L'administrateur publie habituellement des mises à jour sur le site Web officiel du règlement.
S'il reste de l'argent parce que certains fonds n'ont pas pu être distribués, le tribunal redirige généralement cette somme vers un organisme à but non lucratif, un organisme d'aide juridique ou un autre bénéficiaire cy-près qui correspond à l'objet de la poursuite. L'argent ne retourne pas au défendeur.
Ce que cela signifie pour vous
Le système canadien d'actions collectives est conçu pour permettre aux gens ordinaires de récupérer de l'argent sans avoir à engager d'avocat ni même à comprendre la poursuite sous-jacente. Les avocats du groupe font le travail juridique. Le tribunal protège le groupe. L'administrateur gère l'argent.
La seule chose que personne ne peut faire à votre place, c'est soumettre votre réclamation. Si vous ne le faites pas avant la date limite, le système distribuera discrètement votre part ailleurs. C'est le vide que le suivi des actions collectives de Claim.ca a été conçu pour combler.
Si vous faites partie du groupe, votre part est déjà mise de côté. La seule chose qui vous sépare du chèque, c'est un formulaire de réclamation et une date limite.
Le rôle du suivi
Le suivi des actions collectives de Claim.ca est un répertoire des règlements d'actions collectives canadiennes en cours. Je fais le suivi des approbations des tribunaux dans toutes les provinces, je résume les règles d'admissibilité en langage clair et je renvoie directement aux portails officiels des administrateurs pour que vous puissiez soumettre votre réclamation vous-même.
Claim.ca ne soumet pas les réclamations à votre place. Le système joue déjà en votre faveur dès que vous trouvez le bon règlement. Mon travail consiste à vous aider à le trouver.
Cet article présente des renseignements généraux sur le processus canadien des actions collectives. Il ne constitue pas un avis juridique et sa lecture ne crée aucune relation avocat-client. Pour obtenir un conseil sur une situation précise, consultez un avocat.
Parcourez les règlements canadiens en cours dans le suivi des actions collectives, vérifiez votre admissibilité et déposez votre réclamation avant la date limite.
Pas certain d'avoir une réclamation ? Faites l'évaluation de 60 secondes pour commencer. C'est gratuit et confidentiel.
Claim.ca est une plateforme gratuite exploitée par Marty Mikhail, avocat titulaire d'un permis du Barreau de l'Ontario. Les services juridiques sont fournis par Lemonade LawMC, le cabinet personnel de Marty Mikhail.